Les Cahiers Personne.s existent parce que l’Europe qui s’est reconstruite après la chute du communisme existe aujourd’hui. Notre revue, née en France il y a quelques dizaines de mois, porte les traces des lieux, des histoires et des rencontres qui ont façonné sa naissance.

Nos plus anciens lecteurs reconnaîtront sans doute le fil qui nous relie à notre reportage en Pologne, à la recherche de la dignité et de la solidarité, quarante-cinq ans après Solidarność.

Aujourd’hui, dans ce même esprit, nous avons été profondément touchés, au sein de notre rédaction, par ce qui constitue aussi, pour certains d’entre nous, une frontière intime : celle de nos mémoires et de nos relations.

Passée presque inaperçue en France, une profonde crise traverse depuis plusieurs semaines la Pologne et l’Ukraine. Elle porte sur la manière de regarder certains épisodes de l’histoire commune et sur les symboles nationaux qui continuent de les incarner.

Face à cette épreuve, la rédaction des Cahiers Personne.s a associé des citoyens des deux nations directement concernées par cette mémoire pour travailler à l’écriture d’une tribune commune.

Trois nationalités pour poursuivre le travail de mise en dialogue des mémoires européennes. Pour apaiser plutôt que raviver des blessures toujours prêtes à ressurgir, toujours susceptibles d’être instrumentalisées par les passions politiques.

Trois langues pour tenter de poser des mots de vérité, de reconnaissance et d’espérance.

Co-signataires : Philippe Quéré (Fr), rédacteur de la revue Cahiers Personne. s ; Dariia Rudenko (Ukr), responsable de la communication de l’association Notre Espoir pour l’Ukraine ; Adrianna Zukowska (Pl et Fr) rédactrice associée des Cahiers Personne. s ; Patrick Puges (Fr) – polytechnicien et militant pour la défense de l’Ukraine ; Wladyslaw Jacenko (Ukr), journaliste ukrainien ; Karol Grabias (Pl) – philosophe, rédacteur de la revue polonaise Wiez. Ce texte est publié à l’identique en France, en Ukraine dans Ukrainska Pravda et en Pologne dans la revue Wiez.